Lire un rapport

Ce que chaque chiffre du rapport veut dire — et ce qu'il ne dit pas

Un rapport d'audit tient en huit mesures et quelques phrases de réserve. Cette page les prend une par une : ce que la mesure dit, sur un exemple chiffré que vous pouvez refaire à la main, et ce qu'elle ne dit pas. Rien ici n'est écrit pour cette page — les définitions et les phrases de réserve sont celles de la méthode publiée, reprises mot pour mot.

L'exemple qui court d'un bout à l'autre est fabriqué pour la démonstration : ce n'est l'historique de personne. C'est aussi l'un des cas de notre jeu d'étalonnage — nos tests le recalculent à chaque modification du moteur de mesure, et c'est pour cela que ses chiffres sont ceux-là et pas d'autres.

Publié le 15/09/2026. Les corrections apportées à cette page sont datées, pas réécrites.

00 · L'ordre de lecture

Le rapport, dans l'ordre où vous le lirez

Sept parties, toujours dans cet ordre. La première tient sur une page ; la cinquième est celle qu'il faut lire en premier.

PartieCe qu'elle contient
0 · Le verdictUne page, une phrase, les quatre chiffres du noyau. Aucune recommandation, aucun jugement : des chiffres.
1 · Ce que votre fichier a permis de mesurerLignes retenues, rejetées, averties — en nombres, jamais « quelques ». Et les deux mentions que porte chaque rapport (partie 04 de cette page).
2 · Les quatre mesures du noyauToujours présentes : sans elles, il n'y a pas d'audit.
3 · Les mesures complémentairesPrésentes seulement si votre fichier le permet. Leur absence dégrade le rapport sans l'annuler.
4 · Ce que ce rapport ne dit pasChaque mesure que votre fichier n'a pas permise, avec la phrase publiée à l'avance. C'est la partie à lire en premier.
5 · Ce que cet audit n'est pasNi un conseil en investissement, ni un traitement fiscal, ni une certification, ni un accès à vos comptes.
6 · La méthode, datéeLa version de la méthode appliquée, avec sa date. Les corrections de la méthode sont datées, pas réécrites : un rapport ancien reste rejouable.
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01 · L'exemple

Un aller-retour, et rien d'autre

Deux lignes. C'est assez pour produire les cinq mesures qui ne demandent pas de courbe de valeur, et pour les refaire à la main.

DateMouvementMontantFraisCe qui est réellement sorti ou entré
10/01/2024Achat de 1 BTC40 000 €40 €40 040 € sortis
10/03/2024Vente de 1 BTC50 000 €50 €49 950 € entrés

La période demandée s'arrête au 15/04/2024, jour où le bitcoin vaut 50 000 € dans nos séries de référence. Les frais sont déclarés en plus des montants — c'est ce que la colonne de droite reflète, et c'est la portée des frais dont il est question à la mesure 02.

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02 · Le noyau

Les quatre mesures toujours présentes

Sans ces quatre-là, il n'y a pas d'audit approfondi : nous regardons votre fichier avant tout devis, et s'il ne les permet pas, rien n'est facturé.

01 · Performance nette

Noyau

Nette : après déduction des frais réellement payés.

Ce qu'elle mesure. Ce qui a été réalisé : le produit net de chaque vente, moins le coût de revient de ce qui a été vendu — au prix moyen pondéré, jamais en premier-entré-premier-sorti. Une position encore ouverte ne compte pas : un gain latent n'est pas un gain.

Sur l'exemple. 49 950 − 40 040 = 9 910 €. La version brute, sans frais, donnerait 10 000 €. Les 90 € d'écart sont les frais — c'est la mesure suivante.

Ce qu'elle ne dit pas. Rien de ce que vous détenez encore : un achat sans vente vaut 0 € ici, quelle que soit sa valeur aujourd'hui. Et rien sur la qualité de ce résultat — c'est la comparaison au buy & hold, mesure 03, qui pose cette question.

Si votre fichier ne le permet pas, le rapport écrit

« Votre export ne contient pas les frais réellement payés. Le chiffre ci-dessus est une performance brute : il ignore ce que vos transactions vous ont coûté. Nous ne l'estimons pas — une estimation de frais serait exactement le genre de chiffre que nous refusons de produire. »

02 · Coût cumulé des frais

Noyau

Tous les frais réellement payés, dans la devise où ils ont été prélevés, valorisés en euros au jour de chaque prélèvement.

Ce qu'elle mesure. De l'argent sorti — y compris les frais d'une transaction échouée, et les frais réseau d'un transfert entre vos propres comptes. Le rapport donne le total, et ce total rapporté à la performance brute.

Sur l'exemple. 40 + 50 = 90 €, soit 0,9 % d'une performance brute de 10 000 €.

Ce qu'elle ne dit pas. Elle ne dépend pas de la portée des frais — « en plus des montants » ou « déjà compris dedans », 40 + 50 font 90 dans les deux cas. Ce que la portée change, c'est la performance nette : 9 910 € ici ; 10 000 € si les frais avaient été déjà compris dans les montants. Ce champ n'existe dans aucun format d'export que nous ayons examiné. Quand votre fichier ne dit pas laquelle des deux lectures s'applique, nous retenons celle qui vous est défavorable, et le rapport écrit sur combien d'opérations.

Si votre fichier ne le permet pas, le rapport écrit

« Les frais sont exprimés dans la devise où ils ont été prélevés. Votre export ne permet pas de dire s'ils sont déjà déduits des montants ou s'ils s'y ajoutent : nous avons retenu l'hypothèse la plus prudente, celle qui sous-estime votre performance. Le total en euros, lui, est calculé : la portée décide si les frais s'ajoutent aux montants ou y sont déjà, elle ne change pas leur somme. Le rapport indique sur combien d'opérations cette hypothèse a dû être retenue. »

03 · Comparaison au buy & hold

Noyau

Buy & hold : acheter, puis ne plus rien faire.

Ce qu'elle mesure. La référence principale est votre propre panier : les actifs que vous avez réellement achetés, à vos dates d'achat, frais d'achat compris — mais sans aucune de vos ventes. Elle répond à la seule question qui vous concerne : mes allers-retours m'ont-ils rapporté plus que si je n'avais rien fait ? Un second chiffre, indicatif, compare le même capital au bitcoin, chaque euro y entrant à la date où vous l'avez réellement engagé.

Sur l'exemple. Le panier : 1 BTC, coût 40 040 €, sans la vente. Sa valeur au 15/04 : 50 000 €. Résultat de l'immobilité : 9 960 €. Votre réel : 9 910 €. Écart : −50 € — vos allers-retours ont rapporté 50 € de moins que ne rien faire, et ces 50 € sont exactement les frais de la vente, que l'immobilité ne paie pas. Le second chiffre : 40 040 € engagés le 10/01 à 40 000 € le bitcoin, soit 1,001 BTC ; au 15/04, 50 050 € ; résultat 10 010 €. Ici l'actif détenu est déjà le bitcoin : les deux chiffres ne diffèrent que par les 40 € de frais d'achat, que la référence n'a jamais payés — 40 € au prix du 10/01 valent 50 € au prix du 15/04.

Ce qu'elle ne dit pas. Ce chiffre n'est pas une recommandation. Il dit ce qu'un actif de référence aurait fait sur la même période, pas ce que vous auriez dû faire. Nous ne vendons pas de conseil et cette page n'en donne aucun. La référence hypothétique ne paie aucun frais, ce qui la favorise légèrement face à votre panier, qui en paie. Nous ne simulons pas un barème pour une transaction qui n'a jamais eu lieu : ce serait exactement le chiffre estimé que cette page refuse de produire.

La lecture qui nous arrangerait — et vous aussi — dirait que vos décisions ont ajouté de la valeur. Sur cet exemple, elles en ont retiré 50 €. Le rapport l'écrit ainsi.

Si votre fichier ne le permet pas, le rapport écrit

« La comparaison porte sur la période du JJ/MM au JJ/MM, seule période où vos données et nos prix de référence se recouvrent. Hors de cette fenêtre, nous ne comparons pas. »

04 · Concentration

Noyau

La part de vos trois meilleures opérations dans votre résultat.

Ce qu'elle mesure. Sur les positions appariées — un achat rapproché de la vente qui le solde — la part que pèsent les trois meilleures dans le résultat de ces positions. Une position encore ouverte n'entre pas ici.

Sur l'exemple. Une seule position, +9 910 € : les trois meilleures se réduisent à celle-là, 100 %. Une variante à quatre positions, fabriquée pour la démonstration et refaisable : +5 000, +3 000, +1 500 et +410 €, même total de 9 910 €. Les trois meilleures pèsent 9 500 €, soit 95,9 % — la quatrième a apporté 4 % du résultat.

Ce qu'elle ne dit pas. Quand le résultat de la période est nul ou négatif, une « part dans le résultat » n'a pas de sens : aucun pourcentage n'est produit. Le rapport donne alors les trois montants bruts, et il le dit.

Si votre fichier ne le permet pas, le rapport écrit

« N positions sur M ont pu être appariées. Les M−N autres correspondent à des actifs acquis avant la période de votre export : elles sont exclues de ce calcul, et leur exclusion peut le rendre optimiste. »

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03 · Les compléments

Les quatre mesures présentes seulement si votre fichier le permet

Leur absence dégrade le rapport sans l'annuler. Trois d'entre elles exigent une courbe de valeur — la valeur de votre portefeuille jour après jour — que deux lignes ne suffisent pas à tracer, et que la plupart des exports ne permettent pas de reconstruire. Quand elles manquent, le rapport le dit avec les phrases ci-dessous, et ne les estime pas.

05 · Espérance et taux de réussite

Espérance : le gain moyen par position, pertes comprises.

Ce qu'elle mesure. Sur les mêmes positions appariées : le résultat moyen par position, et la part des positions gagnantes. L'unité de compte est la position, pas la vente.

Sur l'exemple. Une position, +9 910 € : espérance 9 910 €, taux de réussite 100 % — deux chiffres qui ne disent rien sur une seule position, et le rapport le dit en donnant le nombre. Sur la variante à quatre positions : espérance 9 910 / 4 = 2 477,50 €, taux de réussite 4 sur 4.

Ce qu'elle ne dit pas. Si le bitcoin de l'exemple avait été vendu en trois fois, ce serait toujours une seule position, close à la date de la dernière vente — et non trois réussites. Compter vente par vente est la version qui nous arrangerait, parce qu'une sortie gagnante fractionnée gonfle mécaniquement le taux. Nous ne la prenons pas.

Le rapport écrit toujours

« Calculé sur les N positions appariées. »

06 · Perte maximale et temps de récupération

La plus forte baisse entre un sommet de votre portefeuille et le creux qui l'a suivi — et le temps mis à revenir au sommet.

Exige : une courbe de valeur reconstruite — la valeur de votre portefeuille retracée jour après jour — donc des prix historiques pour tous vos actifs.

Ce qu'elle ne dit pas. Pas d'exemple ici : deux lignes ne font pas une courbe. Une perte maximale de 40 % exige un gain de 66,7 % pour revenir au point de départ — c'est de l'arithmétique, et le calculateur la refait avec vos chiffres.

Si votre fichier ne le permet pas, le rapport écrit

« La courbe de valeur de votre portefeuille n'a pas pu être reconstruite : N actifs de votre historique n'ont pas de série de prix disponible sur la période. La perte maximale et le temps de récupération ne sont donc pas mesurés — nous préférons ne rien dire plutôt que d'estimer. »

07 · Contrefactuel d'abstention

Ce qu'il se serait passé si vous n'aviez rien fait.

Exige : la courbe de valeur ci-dessus.

Ce qu'elle ne dit pas. Elle ne remplace pas la comparaison au buy & hold, qui, elle, ne demande pas de courbe : la mesure 03 compare deux résultats à une date, celle-ci compare deux trajectoires jour après jour.

Si votre fichier ne le permet pas, le rapport écrit

« Cette mesure dépend de la courbe de valeur, qui n'a pas pu être reconstruite. »

08 · Réactions dans les 48 heures suivant une baisse

Ce que vous avez fait dans les deux jours qui ont suivi une baisse.

Exige : l'heure exacte de chaque entrée.

Ce qu'elle ne dit pas. Un export daté à la journée reste lisible pour tout le reste ; c'est cette seule mesure qu'il rend impossible, et le rapport l'écrit plutôt que de deviner une heure.

Si votre fichier ne le permet pas, le rapport écrit

« Les horodatages de votre export sont donnés à la journée, ou dans un fuseau que nous n'avons pas pu établir. Ce diagnostic exige l'heure exacte de chaque entrée : il n'est pas produit. »

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04 · Les deux mentions

Deux questions sans rapport l'une avec l'autre

Chaque rapport les porte toutes les deux. Elles ne se compensent pas.

MentionCe qu'elle dit
Certifié ou acceptéAvons-nous déjà testé et daté ce format d'export ? C'est une question sur notre compétence, pas sur vous.
Pièce déclarée ou vérifié à la sourcePouviez-vous modifier ce que vous nous avez fourni ? Un fichier déposé reste une pièce déclarée, quelle que soit sa source.

Un fichier venant d'une plateforme que nous n'avons jamais testée reçoit quand même son rapport — il porte simplement la mention « source non certifiée ». Ne pas avoir testé un export et ne pas savoir le lire sont deux choses différentes. Et un fichier issu d'une source certifiée reste un fichier que son propriétaire peut éditer : il ne portera jamais la mention d'une lecture faite directement à la source.

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05 · Trois réflexes

Comment lire un rapport — le nôtre ou un autre

Lire d'abord ce qu'il ne dit pas

Un chiffre absent n'est pas un défaut du rapport : c'est une limite de votre fichier, écrite. Le champ qui dit si les frais sont déjà déduits des montants n'existe dans aucun format d'export que nous ayons examiné — un rapport sans aucune réserve sur un export standard serait la chose suspecte.

Refaire un chiffre

Prenez la performance nette : le produit net de chaque vente, moins le coût de revient au prix moyen pondéré de ce qui a été vendu. Sur l'exemple, 49 950 − 40 040. Si vous ne retombez pas sur notre chiffre au centime, c'est à nous de dire pourquoi — le mode d'arrondi est publié précisément pour ça, et un rapport qu'on ne peut pas refaire n'est pas une vérification.

Regarder les dates

La version de la méthode appliquée. La date à laquelle la source de votre export a été vérifiée — et depuis combien de mois elle ne l'a pas été. L'empreinte des séries de prix que le rapport a lues. Un rapport de 2026 relu en 2028 doit pouvoir dire exactement ce qu'il a lu ; s'il ne le peut pas, il ne prouve plus rien.

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Le rapport lui-même est l'audit : 400 €, payés après la restitution. Pour savoir d'abord ce que votre fichier permet de mesurer, Le Miroir le dit dans votre navigateur, sans rien envoyer. Une question sur une mesure : [email protected].