Définition en une phrase : le ratio de Sortino mesure le rendement d'une stratégie rapporté uniquement à sa volatilité baissière — il ignore les variations positives pour ne se concentrer que sur le risque qui fait réellement mal.
La formule, et ce qu'elle mesure
Le Sortino reprend la logique du ratio de Sharpe, avec une nuance décisive au dénominateur. Là où le Sharpe divise par la volatilité totale, le Sortino divise par la seule volatilité baissière (la downside deviation) : on ne compte que les écarts en dessous d'un seuil, généralement le rendement nul ou le rendement minimal acceptable.
(rendement − seuil) ÷ volatilité baissièreConcrètement : une stratégie qui bondit fortement à la hausse n'est plus pénalisée pour ces bonnes surprises. Seules les baisses comptent dans la mesure du risque.
Comment le lire : bon vs mauvais
Les seuils sont proches de ceux du Sharpe, mais le Sortino est presque toujours plus élevé que le Sharpe pour une même stratégie — puisqu'on retire la volatilité haussière du dénominateur. Un Sortino au-dessus de 2 est généralement considéré comme solide. La règle d'or : ne comparez jamais un Sortino à un Sharpe directement, ni deux ratios calculés sur des fenêtres différentes.
L'erreur classique
Croire que le Sortino « corrige » à lui seul tous les défauts du Sharpe. Il règle la question de l'asymétrie hausse/baisse, mais il reste aveugle à la profondeur d'un effondrement ponctuel : deux stratégies au même Sortino peuvent avoir des pertes maximales très différentes. Pour cette dimension-là, c'est le ratio de Calmar qu'il faut regarder.
Et chez Sextant
Sextant est une plateforme quant transparente : aucun ratio n'est présenté seul. Le Sortino se lit aux côtés du Sharpe, de la perte maximale et du taux d'abstention sur le tableau de bord. La méthodologie précise quel seuil de référence est utilisé pour la volatilité baissière — un détail qui change tout dans la comparaison.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre Sortino et Sharpe ?
Le Sharpe divise le rendement par la volatilité totale (hausses et baisses confondues) ; le Sortino ne divise que par la volatilité baissière. Le Sortino récompense donc les stratégies qui montent fort sans être pénalisées, et reflète mieux le risque tel qu'un investisseur le vit réellement.
Le Sortino est-il toujours plus élevé que le Sharpe ?
Presque toujours, oui, puisqu'il retire la volatilité haussière du dénominateur. C'est pourquoi il ne faut jamais comparer un Sortino à un Sharpe directement : ce sont deux échelles différentes.
Quelle est la limite du ratio de Sortino ?
Il reste aveugle à la profondeur d'un effondrement ponctuel rare. Deux stratégies au même Sortino peuvent avoir des pertes maximales très différentes. Pour cette dimension, on regarde le ratio de Calmar.